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Rencontre avec Chine Laroche au Batofar

Written by on 26 avril 2017

Chine Laroche était en concert le 31 mars dernier. On y est allé, on a adoré.

 

         Difficile de définir et de réduire Chine Laroche à un genre ou un style particulier, à tel point qu’on aurait pu s’inquiéter de se retrouver face à des productions trop vagues, trop floues ou trop hésitantes. Et pourtant, partout où elle passe elle crève l’écran.

Les critiques de son EP « On My Mind » sont unanimes, on salue tant le professionnalisme et la minutie des morceaux que son détachement des codes habituels qui auraient pu l’enfermer et atrophier les 5 titres. Néanmoins, je ne me risquerais pas à une chronique de son EP car je n’ai pas le talent de le faire, d’autres l’ont très bien fait à ma place, on a déjà pu avoir un éclairage sur son œuvre dans Stylzik mais surtout ce n’est pas le but de cet article.

Mais mis à part son talent, son EP est marqué par une simplicité et une profonde humanité qu’on a pu constater une fois encore vendredi soir : en témoigne ses compositions mais aussi sa disponibilité après le concert.

          Le 31 Mars, l’occasion pour moi de monter à Paris, direction le Batofar afin de profiter du concert de Chine ainsi que du groupe FORM. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on a pas été déçu. Son set rappelle exactement ce pourquoi l’EP est bon : c’est bon, simple, efficace, autoritaire, sensuel. On a eu droit aux classiques « On My Mind », « Girl In Paris » et « Only Thing In Need » qui font toujours leurs effets, ainsi que quelques morceaux inédits. Ces derniers nous montrent, à mon sens, un aspect un peu différent de Chine : on est tantôt porté par des sonorités plus planantes, plus « pures », tantôt bousculé par un penchant plus pop voire pour un autre quelque chose de clairement plus calme, mais toujours ce style distinctif et décisif.

Des orientations pour de futurs projets ? Peut-être, en tout cas une chose est sûre : on en a pas fini avec l’artiste parisienne.

          Vous l’avez compris: je ne suis pas journaliste et j’aime l’artiste. Mais l’objectif de cet « article » n’est pas seulement de vous donner envie de vous intéresser à Chine Laroche, à travers le court récit de ce concert, mais plus globalement de regarder de plus près tous les artistes qui vous entourent, qui ont un talent monstre et qui sont une mine d’or de découvertes, de sonorités, d’univers. Et croyez moi, ce serait dommage de passer à côté de ça, en témoigne la très belle découverte de FORM: groupe aux multiples sonorités éléctro-pop, hip-hop, soul et jazz. Pour finir, elle nous a accordé quelques minutes à la fin de son set afin que je puisse lui poser quelques questions.

« Je pense qu’ils me prennent plus comme je suis, sans artifice »

 

Zone Radio : Comment tu as vécu le concert ?

Chine Laroche : Et bien écoute, bien. Je suis assez contente globalement, c’était sympa, bonne ambiance, les gens sont réceptifs. Après c’est sûr c’est toujours un petit manque de pas avoir de musicien mais en même temps je pense que c’est une bonne école de se dire « allez j’y vais toute seule et j’ai la foi », mais je suis plutôt contente.

ZR : Et sûr le manque de musicien, tu en cherches ? Parce que tu as envie d’essayer de nouveaux trucs pour le live ou même ton projet perso’ ou c’est pas encore d’actualité ?

CL : En fait avant je jouais avec un pote qui faisait la batterie, batterie électronique et c’était plutôt cool. Mais c’est vrai qu’au début quand tu débutes, au niveau cachet c’est un peu « ric-rac » donc c’est plus évident de commencer, de faire les concerts en étant seule c’est surtout ça. Mais après c’est une bonne chose, je suis contente parce que ça m’apprend pleins de trucs : ça m’apprend à me débrouiller, à occuper la scène toute seule. Donc voilà c’est vraiment pas quelque chose que je regrette et je serais ravie, en temps voulu, d’avoir des musiciens pour m’accompagner, d’avoir un batteur, un bassiste, surtout un bassiste ça serait cool aussi. Mais ça va venir avec le temps je ne me fais pas de souci là dessus.

ZR : Le fait d’être seule, de devoir « te débrouiller » avec ton matos’, quel rapport ça te donne avec le public ?

CL : Un rapport peut être plus intime. Je pense qu’ils me prennent plus comme je suis, sans artifice, je sais pas trop mais peut être que du coup bah il y a peut être pas grand chose à regarder (rires). Mais voilà je pense que oui il y aune relation plus proche, qui va plus droit au but. Après c’est vrai que c’est bizarre on sait pas forcément comment ils le voient…

ZR : Si je peux me permettre de donner mon ressenti par rapport au concert. C’était la première fois que je venais te voir et c’est vrai qu’il y avait cet équilibre entre le côté intimiste : le fait que tu sois seule avec ton matos’. Et en même temps on est pas la caricature du côté intime avec « une pauvre fille qui est là en train de galérer avec tout son truc parce qu’elle ne sait pas occuper la scène ». Je trouvais que l’équilibre était bien trouvé entre les deux, mais est ce que c’est un aspect que tu travailles, que tu recherches ou ça vient assez naturellement?

CL : Sur l’aspect débrouille ?

ZR : Non sur le côté intimiste. C’est un aspect que tu recherches ou tu ne te poses pas la question quand tu montes sur scène ?

CL : Je pense que toutes les personnes qui font de la scène recherchent ça, qu’elles soient seules ou en groupe, pour avoir un échange avec les personnes qui viennent t’écouter, donc de base oui. Après est ce que ça amplifie la chose quand t’es tout seul, peut être. Mais en même temps tu ne peux t’en vouloir qu’à toi même s’il se passe un truc. Donc après est ce que je recherche ça, oui peut être mais en tout cas je veux juste que les gens passent un bon moment, qu’ils trouvent ça cool. Après oui, plus j’avance, plus je suis contente de jouer et je prends le temps de parler plus, de voir les réactions, de jouer des morceau en fonction de ce qu’ils ont kiffé. De plus en plus tu peux voir ça, on est moins dans le côté express et petit à petit ça se construit. Mais oui je pense que tout le monde cherche ça, tout le monde.

« Je prends encore plus de plaisir sur des sons que je viens de faire »

 

ZR : C’est ce que tu as gagné avec l’expérience ? Une meilleure gestion notamment avec le public ? Ou il y a d’autres choses ?

CL : Oui de plus en plus, c’est sûr que les premiers concerts tu te débrouilles mais tu regardes moins au loin, tu prends moins le temps, et encore là je prends pas des heures non plus pour parler parce que je joue dans des conditions où en général j’ai ¾ d’heure voire une heure ça dépend. Mais du coup faut que j’enchaîne parce que j’ai quand même envie de montrer d’autres morceaux, de faire écouter des choses mais oui plus je fais de concerts et plus je réalise sur le moment même, prendre plus mon temps, de parler avec eux, savoir s’ils sont content d’être là etc.. De plus en plus je prends mon temps et ça se construit petit à petit et ça je le sens. Après c’est sûr que je fais pas des concerts de trois heures où là tu aurais le temps d’avoir cette cohésion pure avec le public qui te connaît, qui connaît tes chansons, qui vient pour ta « vibe » et être dans le même délire. Mais c’est de mieux en mieux c’est évident, je suis de plus en plus à l’aise.

ZR : Dernière question sur la forme, sur la salle. Tu joues au Batofar qui est une « petite » salle où tu as pu jouer ton set face à un public relativement restreint, d’où le côté intimiste qui est peut être aussi renforcé.Est ce que pour toi d’un concert à l’autre, d’une salle à l’autre, d’un public à l’autre est ce que ça change quelque chose pour toi ? Que ce soit dans la préparation, dans la façon de jouer les morceaux, est ce que ça change quelque chose ?

CL : Non honnêtement je joue pas mon set dans un ordre particulier. En fait je savais pas dans quel ordre j’allais jouer les morceaux en fait. Je fais au feeling. J’ai un set de base où je joue les morceaux de l’EP, là il y a deux morceaux que j’ai pas joué parce que j’avais envie de jouer deux autres morceaux. C’est vrai que vu que je bosse de mon côté, il y a des trucs nouveaux que j’ai envie d’essayer en live pour voir comment les gens réagissent. C’est aussi parce que c’est du son neuf donc ça me fait plaisir, je prends encore plus de plaisir sur des sons que je viens de faire. Après globalement j’ai toujours le même matos’ sur scène avec mon clavier, ma guitare et mon laptop, mais de plus en plus je me permets d’être plus libre, de choisir les morceaux en fonction de l’ambiance du moment. De plus en plus je me sens plus libre d’apprécier le moment présent, l’ambiance avec les gens etc..je suis de plus en plus à l’écoute.

ZR : Pour entrer dans le vif du sujet avec ta setlist, est ce que tu peux nous expliquer pourquoi ces nouveaux morceaux-ci, est ce que tu veux que ça ait un impact particulier dans le concert ? Est ce que tu peux nous en dire un peu plus ?

CL : Honnêtement je vais être très simple : c’est parce que j’ai envie de les jouer donc je les joue. C’est des nouveaux morceaux et je les trouve cool. Après je joue pas tout ce que je fais parce que j’ai pas le temps, je fais des sélections : par exemple il y a des nouveaux morceaux que je fais qui seront dans le nouvel EP ou que je sortirai un par un. C’est tout con mais c’est juste que j’ai envie de les jouer donc je les joue

ZR : Et ces nouveaux morceaux qui ont un style différent, enfin qui reste dans ton style global mais qui sont un peu différents que les morceaux de l’EP, ça montre une future orientation au niveau de ton projet solo ou c’est simplement parce qu’ils étaient créés et ça ne définit pas forcément ce que tu vas faire par la suite ?

CL : Si je pense que je vais sortir ceux que j’ai joué. Il y en a un c’est pas ma prod’ mais c’était une que j’avais trouvé, sinon tu sais que je fais mes prod’. Mais il y en deux autres dont un qui s’appelle « Mad » et un autre, mais oui je pense que je les sortirai parce que « Mad » est vachement dans une bonne vibe. Celui qui est vachement plus lent aussi, que j’ai joué à la fin qui est plus lent plus..comment dire. Les harmonies sont plus claires sur le refrain c’est un peu plus..

ZR : …c’est un peu plus planant je trouve…

CL : …oui c’est beaucoup plus pur aussi, ça va droit au but, il y a moins de texte, ça respire vachement et ça oui je le sortirai c’est sûr parce que j’aime beaucoup ce morceau et il arrive encore à me hérisser les poils donc je me dis que c’est une bonne chose, et mon entourage l’aime aussi. Après je vais aussi sortir des morceaux beaucoup plus « up », mais ce morceau c’est un morceau beaucoup plus lent, qui prend le temps, auquel je tiens et c’est sûr qu’il va sortir.

ZR : Dernière question sur la suite pour toi que ce soit sur ton projet solo ou sur d’autres projets. Tu l’as dit il y a ces différents morceaux que tu as envie de sortir mais concrètement c’est quoi pour toi la suite dans les prochaines semaines, les prochains mois ?

CL : Alors la suite c’est les concerts, j’ai quelques dates en Avril*, faire quelques dates de concert, ça permet de vivre aussi un peu. Et je bosse aussi sur les autres morceaux, je bosse avec un gars qui fait les visuels, on va reprendre un peu la silhouette je pense, mais bon je t’en dis pas trop, je bosse sur les visuels avec un gars qui est hyper qualifié. Et je bosse aussi sur des feat, il y en a un qui va sortir mi-Mai avec « Déborah aime la bagarre » (soundcloud ici ) : il s’appelle Simon il m’a envoyé la prod’ j’ai bien kiffé du coup j’ai fait les voix dessus, donc ça sortira mi-Mai. Après j’en ai un autre qui sortira en Septembre avec « De la Romance » (soundcloud ici ) : c’est le projet de Vincent qui est super. Donc il y en a deux qui sortent, ils sont checkés administrativement donc ça c’est sûr, et après deux autres qui sont en préparation. Donc des feat, la préparation de mes morceaux et des lives, voilà le programme !

ZR : Merci beaucoup !

CL : Merci à toi Simon !

*Retrouvez Chine Laroche (page facebookle 28 à Paris à La Java. Merci à Chine pour sa disponibilité et à Sandra (Panache) pour les invitations.


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